Jeudi 14 novembre 2019

En colère (Abdias 1-21)


Lire le texte

Un seul chapitre compose le livre du prophète Abdias. Un seul chapitre qui condamne la ville d’Edom à sa perte. C’est le livre le plus court de l’Ancien Testament. Les mots d’Abdias résonnent d’une tristesse teintée d’amertume. Un peu comme la grisaille des journées en novembre entraîne certaines personnes dans une légère morosité. Un spleen, celui de Baudelaire, «quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle». Un spleen que je trouve salutaire de trouver également dans la Bible. Un spleen qui n’appelle pas le croyant à rétrécir sa vie de foi à la seule reconnaissance et louange. L’existence devant Dieu peut être surprise par des coups de cafard ou des sanglots de mélancolie. Encore là, Dieu nous accueille. Pouvoir bredouiller sa peine à Dieu. Hasarder à son oreille ce que l’on croit être de l’ingratitude. Exprimer notre incompréhension face à son mutisme devant une situation que l’on trouve intolérable. Autrement dit, être nous-mêmes en plénitude devant Dieu. La candeur des prophètes comme Abdias vient de leur limpidité. Ils sont amers, ils le disent. En colère, ils l’expriment. Tant ils sont persuadés que Dieu les accompagne partout. Et nous, ne serait-ce pas un signe de confiance d’être sincères et à découvert devant Dieu?

Nadine Manson

Prière: Seigneur, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, quand nous nous sentons fatigués, procure-nous la simplicité de nous abandonner à toi.  

Référence biblique : Abdias 1, 1 - 20

Commentaire du 15.11.2019
Commentaire du 13.11.2019